TARIFS
De 1 900 à plus de 4 500 euros par mois
Le tarif d'un EHPAD varie du simple au triple selon le département et le statut de l'établissement. Voici comment se compose la facture et ce qui reste réellement à payer.

Le tarif moyen
Selon les données transmises par les établissements à la CNSA fin 2025, le tarif moyen d'une chambre individuelle non habilitée à l'aide sociale s'établit à 2 628 euros par mois en 2026.
Cette moyenne recouvre des écarts considérables : de moins de 2 000 euros dans certains départements ruraux à plus de 4 500 euros à Paris, avec des établissements privés parisiens dépassant 5 000 euros. L'Île-de-France reste la zone la plus tendue, suivie de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Sur données 2024, la CNSA établissait un prix de référence mensuel moyen de 2 164 euros pour une place habilitée à l'aide sociale et 3 128 euros pour une place non habilitée. Rapporté au jour, cela représentait 66 euros contre 98,25 euros.
Ce qui explique les écarts
Quatre facteurs structurent la variation. Le coût de l'immobilier d'abord, puisque le tarif hébergement intègre l'amortissement de l'investissement, un mètre carré parisien coûtant trois à quatre fois plus qu'à cinquante kilomètres. Le statut ensuite : les établissements publics affichent en moyenne les tarifs les plus bas, suivis du privé non lucratif, puis du privé commercial. L'habilitation à l'aide sociale, qui encadre les tarifs par arrêté préfectoral et limite les hausses annuelles. Enfin, le niveau de prestation hôtelière, qui renchérit le tarif facial sans constituer un indicateur de qualité de soin.
Le tarif différencié, une nouveauté peu connue
Le décret n° 2024-1270 du 31 décembre 2024 autorise les EHPAD habilités à l'aide sociale à appliquer des tarifs différents selon que le résident bénéficie ou non de l'ASH. L'écart maximal autorisé entre les deux tarifs est plafonné à 35 %.
Concrètement, dans un même établissement public ou associatif, un résident non bénéficiaire de l'ASH peut payer sensiblement plus cher que son voisin de chambre. Les premiers retours de terrain font état de hausses de l'ordre de 10 à 12 % pour ces résidents.
C'est un point à vérifier systématiquement avant signature d'un contrat de séjour.
Ce qui reste à payer
Quatre dispositifs réduisent la facture. L'APA en établissement, pour les résidents classés en GIR 1 à 4, prend en charge une partie du tarif dépendance. L'APL ou l'ALS s'impute sur le tarif hébergement si l'établissement est conventionné. L'ASH intervient pour les ressources les plus modestes, dans les seuls établissements habilités. Enfin, une réduction d'impôt de 25 % s'applique aux dépenses d'hébergement et de dépendance effectivement supportées, dans la limite de 10 000 euros par personne et par an, soit un maximum de 2 500 euros.
Après ces aides, le reste à charge médian se situe autour de 1 500 à 1 800 euros par mois en 2026.
Ce que les familles anticipent mal
Deux éléments pèsent sur la durée. Les hausses annuelles, de l'ordre de 2 à 4 % par an, représentent une augmentation cumulée de 8 à 12 % sur trois ans de séjour. Et la durée moyenne de séjour, que la DREES établit à 2 ans et 3 mois pour les résidents sortis en 2023, permet d'estimer un coût total qu'il vaut mieux calculer avant l'entrée qu'après.