DÉCRYPTAGE
Sept ans de reports
Le plan grand âge devait être présenté le 12 février 2026. Il ne l'a pas été. Retour sur une séquence qui commence en 2019 et n'a toujours pas abouti.

La frise
- 2019Remise du rapport Libault et de ses 175 propositions. Emmanuel Macron promet une loi Grand âge et autonomie.
- 2021Report, au motif de la crise sanitaire.
- 8 avril 2024La loi « Bien vieillir » est promulguée. Son article 10 prévoit une loi de programmation pluriannuelle sur le grand âge, à voter avant la fin 2024.
- Fin 2024La loi de programmation n'est pas votée.
- Automne 2025Un plan grand âge remplace la loi de programmation à l'agenda gouvernemental. Il est annoncé, puis repoussé.
- 6 janvier 2026La ministre déléguée à l'Autonomie annonce une présentation en janvier, avec une stratégie courant jusqu'en 2050.
- 12 février 2026Date arrêtée pour la présentation officielle.
- 4 février 2026La ministre annonce son départ du gouvernement pour retrouver son siège de députée. Le plan est reporté sine die.
Ce que le plan devait contenir
Les documents préparatoires permettent d'en reconstituer les contours : une programmation pluriannuelle des financements, un renforcement de la dimension territoriale via les services publics départementaux de l'autonomie, un soutien accru au maintien à domicile avec un renforcement des SAAD et des SSIAD, et le recrutement de 4 500 soignants supplémentaires en EHPAD.
Pourquoi le report pèse
La démographie ne suit pas le calendrier parlementaire. La DREES recensait deux millions de personnes âgées en perte d'autonomie en 2021 ; elles seraient 2,8 millions en 2050. Il faudrait sur la même période créer entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires pour assurer les soins de base en établissement et à domicile.
Le coût annuel de la dépendance avoisine 30 milliards d'euros, soit 1,4 % du PIB, et les dépenses publiques pourraient doubler d'ici 2060 sans réforme de fond.
Les fédérations ont réagi vivement : la Fnadepa et la FHF ont exhorté le gouvernement à ne plus différer les décisions attendues, la Fédération nationale des infirmiers qualifiant ce report de honte et relevant que le dossier avait été relégué pour des raisons d'appareil politique.
Ce qui reste
Le principe d'une loi de programmation a été voté à l'unanimité dans la loi « Bien vieillir ». Il n'a à ce jour connu aucun commencement d'exécution. En mai 2026, la FHF a présenté sa propre proposition de cadre législatif, remise à la ministre de la Santé lors de Santexpo.