PROTECTION
Un nouveau numéro, un nouvel opérateur
Le dispositif national de signalement des maltraitances a changé de numéro, de périmètre et de gestionnaire au printemps 2026. Le changement est plus profond qu'un simple renuméro.

Ce qui a changé
Depuis le 1er mars 2026, le 3133 remplace le 3977 comme numéro national de signalement des maltraitances envers les personnes adultes vulnérables. Il est gratuit, accessible sept jours sur sept de 9 h à 20 h, en métropole et dans les départements et régions d'outre-mer, y compris pour les personnes sourdes ou malentendantes.
Depuis le 28 mai 2026, un formulaire de signalement en ligne complète le dispositif. Il permet une saisine écrite à tout moment, y compris en dehors des horaires d'ouverture, et couvre les champs social, médico-social et sanitaire.
Tout signalement, téléphonique ou en ligne, est enregistré dans SIRENA, système d'information national dédié aux maltraitances, créé par décret du 27 février.
Le périmètre élargi
Le dispositif ne vise plus seulement les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, mais l'ensemble des personnes majeures en situation de vulnérabilité, y compris de précarité, et toute personne ne pouvant se protéger seule.
Le changement de gestionnaire, et la controverse
La Fédération 3977 contre les maltraitances gérait la plateforme depuis 2014, avec un réseau de 600 écoutants et une charte éthique encadrant le recueil de la parole. Elle a été dessaisie au 1er mars 2026 à l'issue d'un appel d'offres remporté par l'entreprise Qualisocial, sur un critère de coût.
Ce changement a suscité des réserves de la part d'organisations du secteur, qui s'interrogent sur la préservation de l'approche développée par la fédération en matière de recueil de la parole, de confidentialité et d'accompagnement des victimes.
Où en est le contrôle des établissements
Le plan national d'inspection lancé en mars 2022 après le scandale Orpea prévoyait le contrôle des 7 500 EHPAD du pays. Fin 2024, 96 % d'entre eux avaient été inspectés sur place ou contrôlés sur pièces.
Les résultats régionaux disponibles donnent un ordre de grandeur des suites. En Pays de la Loire, 571 EHPAD sur 578 avaient été contrôlés au 31 décembre 2024, soit 99 %. Seuls 0,5 % des contrôles ont donné lieu à une injonction de mise en conformité pour manquement grave, et un établissement a fait l'objet d'une sanction administrative. En parallèle, 283 procédures de suivi avaient été engagées, dont 61 clôturées.
Un plan de contrôle équivalent est engagé dans les établissements pour personnes en situation de handicap, d'une durée d'au moins trois ans, avec un objectif de 500 inspections pour la seule année 2025.