Tribune
Un soignant pour six, comme en Finlande
En France, le ratio tourne autour d'un soignant pour douze résidents. En Finlande, il est d'un pour six.

En France, le ratio tourne autour d'un soignant pour douze résidents. En Finlande, il est d'un pour six. Danny Forster défend l'alignement sur ce second modèle.
L'argument n'est pas abstrait : il se vérifie sur la matinée de travail, entre sept et onze heures, où se concentrent les levers, les toilettes, l'habillage et le petit-déjeuner. À douze résidents par soignant, la cadence laisse quinze à vingt minutes par personne, le temps de faire les gestes, pas de les faire correctement, encore moins de parler.
La conséquence dépasse le confort de travail. Un accompagnement contraint à cette cadence produit mécaniquement des situations que l'on qualifiera ensuite de maltraitance, alors qu'elles relèvent de l'organisation et non de l'intention des équipes.
Il replace enfin cette demande dans la trajectoire démographique : la DREES prévoit 2,8 millions de personnes âgées en perte d'autonomie en 2050, contre deux millions en 2021. Le ratio actuel n'est pas un équilibre à maintenir, mais un seuil qui se dégradera à effectifs constants.