Tribune
Soixante-dix euros de l'heure, et toujours personne
Malgré un hébergement offert et des taux horaires très élevés, certains week-ends d'été restent sans aucun infirmier.

Le constat qu'il rapporte est brutal et vérifiable : malgré un hébergement offert et des taux horaires atteignant soixante à soixante-dix euros nets, certains week-ends d'été restent sans aucun infirmier. Le problème n'est plus salarial.
Il en tire une conclusion sur l'attractivité des métiers : si l'argent ne suffit plus à pourvoir un poste, la difficulté porte sur les conditions d'exercice, cadences, effectifs incomplets, absence de reconnaissance, charge émotionnelle. Il demande une revalorisation salariale, mais toujours associée à une amélioration des conditions de travail.
Les chiffres nationaux confirment la tension : 62 100 projets de recrutement d'aides-soignants en 2026 selon France Travail, et 150 000 à 200 000 emplois supplémentaires nécessaires d'ici 2050 selon la DREES.
Il soulève enfin un mécanisme rarement évoqué : très peu de directeurs signalent leur manque de personnel, par crainte des contrôles, déclarer un effectif incomplet revenant à être considéré comme maltraitant. Il conteste cette assimilation, qui organise selon lui le silence sur l'ampleur réelle du problème.